La soustraction des possibles — Joseph Incardona

Si certains lieux attirent la richesse, Genève en fait partie. Fin des années 80, une époque qui voit la chute du mur de Berlin, le triomphe des traders, la lutte contre le blanchiment de l’argent sale et l’instauration par la caste des finances des paradis fiscaux.

Serait-ce une étude sociologique : une vision microscopique de notre société actuelle, une configuration de la modernité dominée par les riches qui ignorent les strates des classes sociales inférieures ; une vision où règnent le compromis, l’hypocrisie et la frustration ;certes non !

Serait-ce une dissonance cognitive, où les acteurs de ce récit décident d’adapter leur comportement en face des différentes valeurs de la société ; certes, non !

Serait-ce une banale histoire d’amour, ou deux êtres en marge de la morale, deviennent la proie de l’appât du gain, et vont vivre une moment intense, lié avec une dépendance subtile au plaisir, à la jouissance. D’obtenir ainsi, le confort qui devient notre propre prison, qui nous sécurise et nous enferme ; certes, non !

Dans l’incipit de : La soustraction des possibles, un professeur de tennis, Aldo, utilise son aura afin de capter l’attention et surtout les finances de femmes mûres et désœuvrées. Bref un gigolo ! Jusqu’au jour où apparait Svetlana, une jeune femme aux dents longues, pour qui l’argent, le pouvoir et la reconnaissance représentent le nœud gordien de son existence. Et ainsi commence la spirale de la descente aux enfers…Car « Derrière toute grande fortune se cache un grand crime » Honoré de Balzac.

Vous l’aurez compris, tous ces éléments s’imbriquent, s’emboîtent afin de réaliser un brillant thriller addictif, qui m’a tenu en haleine jusqu’au point final. Une construction sous forme d’algorithme dont Joseph Incardona use afin de donner ses impressions sur l’évolution du récit et incorporer ses digressions. Enfin je me demande si le principe de Peter s’applique également au domaine de l’amour et suggère la fin inéluctable de nos deux ambitieux ; en effet, avec la vie qui avance, les possibles évoluent comme une peau de chagrin…

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